Le bioplastique : une alternative au plastique traditionnel ?

La production mondiale de plastique est passée de 1,5 millions à 322 millions de tonnes entre 1950 et 2015, soit 215 fois plus en l’espace de 65 ans.

Apparu autrefois comme une matière révolutionnaire pour sa légèreté et sa résistance, le plastique occupe toujours une place importante, voire envahissante dans notre vie de tous les jours. Il est même quasiment impensable aujourd’hui de concevoir un monde sans plastique à tel point son utilisation est pratique.

Le plastique et ses effets dévastateurs

Cependant, pragmatisme ne rime pas avec écologique puisque sa présence n’est pas sans effet sur la nature ! En effet, non seulement le plastique met entre 300 et 1 000 ans à se décomposer mais en plus, seuls 25% sont recyclés.

Les impacts sur l’écosystème sont désastreux et cela se reflète notamment à travers l’exemple du Nord-Est du Pacifique où les déchets, produits par l’activité humaine et déversés dans les océans, sont acheminés par les courants marins pour former ce que les scientifiques appellent le « 7ème continent », dont la taille atteint près de 3,5 millions de km2, soit 5 fois la superficie de la France. Chaque année, la pollution marine entraîne ainsi la mort d'environ 100 000 mammifères marins et d'un million d'oiseaux de mer.

La gestion du plastique est donc devenue préoccupante et des alternatives plus durables ont vu le jour pour pallier ce problème.

Les différents types de plastique traditionnel 

Il existe un grand nombre de plastiques pouvant être classés en 2 catégories, les non recyclables et les recyclables.

Parmi les recyclables, on trouve :

Le polyéthylène téréphtalate (1), sans doute le plastique le plus répandu sur le marché et qui est utilisé dans les bouteilles d’eau, de jus, de boisson gazeuse, de sauce à salade etc.

Le polyéthylène haute densité (2) qui sert à la fabrication des bouteilles de lait, les contenants de détergent, les biberons, les flacons de shampoing...

Le polypropylène (5) pour les pots de yaourt, de crème alimentaire...

Parmi les non recyclables, il y a :

Le polychlorure (3) de vinyle pour les emballages de viande, les tétines, les chaises de jardin...

Le polyéthylène basse (4) densité pour les sacs plastique, les films alimentaires...

Le polystyrène (6) pour les ustensiles jetables, les barquettes etc.

Le bioplastique, c'est fantastique ! 

Pour faire face à la pollution, une autre solution plus naturelle pourrait remplacer le plastique traditionnel : le bioplastique !

Contrairement au plastique traditionnel qui est fabriqué à partir de carbone fossile, le bioplastique est élaboré en partie ou en totalité à base de matières végétales (plantes entières, l’amidon du blé, du maïs, de la pomme de terre). 

Il existe principalement 5 types de bioplastique parmi lesquels on trouve :

  • Le PLA à base d’amidon de maïs, probablement le plus économique, facilement maniable et ayant une transparence proche du cristal. Il est utilisé surtout pour les emballages alimentaires (barquettes, films, gobelets...).
  • Le PHA issu d’amidon de maïs, de sucre (canne à sucre, betterave) et de biomasse, présentant des propriétés intéressantes en termes de souplesse et de résistance thermique. Il est appliqué dans la fabrication des flacons, des cosmétiques...
  • Le copolyester biodégradable d’origine pétrolière. Ce bioplastique sert à confectionner des sacheries, films de paillage, flacons...
  • La cellulose à base de pulpe de bois qui est essentiellement utilisé pour les films alimentaires.
  • Le bioplastique à base d’amidon et de copolyesters pétrole pour la fabrication des sacs et des films.

Il faut veiller à ne pas confondre les bioplastiques avec les polymères, également connus sous le nom d’oxo-dégradables qui sont fragmentables mais non biodégradables. L’avantage de ces plastiques est qu’ils sont moins chers à produire mais ils se logent, malheureusement, souvent dans les rayons bio pour séduire les consommateurs à tord. 

Avantages et inconvénients du bioplastique

L’aspect positif des bioplastiques est leur capacité à se désagréger rapidement (moins de 3 mois pour certains), à être compostés industriellement et à avoir une incinération neutre en CO2, ce qui permet de lutter contre les gaz à effets de serres. 

Cependant, un de ses principaux freins demeure son prix, presque 2 fois plus chers à produire que le plastique traditionnel et son identification est encore mal cernée par les consommateurs. 

Article rédigé par Gabriel Tan, étudiant à Skema. 

Sources:

https://fr.statista.com/statistiques/571746/production-mondiale-de-plastiques-1990/

https://www.eco-sapiens.com/dossier-141-Quel-plastique-pour-quelle-utilisation-_.html

http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/book/export/html/2119

http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=139

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/les-plastiques-des-dechets-nefastes-pour-les-ecosystemes_1698047_3244.html